BULLETIN DE LA SAINTE CROIX 51

BULLETIN DE LA SAINTE CROIX

AOÛT 2015 – Nº 51

Bien chers amis et bienfaiteurs,

Parmi les grands événements marquants pour notre monastère au mois de mars deux méritent d’être soulignés d’une façon spéciale : le sacre de M. l’abbé Jean-Michel Faure et l’ordination sacerdotale de notre frère André, réalisée par le même Mgr Faure. Nous remercions Mgr Williamson qui, en sacrant Mgr Faure, a permis à ce dernier d’ordonner un prêtre de plus pour la Sainte Église. Mais pourquoi sacrer un évêque dans les circonstances actuelles ? Pour répondre à cette question nous publions ci-après un article écrit à l’occasion de cette cérémonie afin d’aider nos fidèles à comprendre la gravité de la situation actuelle et, par conséquent, la nécessité de ce saint et grand moyen qu’est le sacre d’un évêque. C’est à partir des évêques et même d’un seul évêque qu’on peut reconstruire ou maintenir ce qui reste de la chrétienté, espérant le jour où Rome retournera à la Tradition et confirmera dans leur fonction ceux qui, par amour de l’Église, on accepté la lourde croix de l’épiscopat en ces temps de crise comme jamais il y en a eu dans l’histoire.

POURQUOI UN SACRE EN 2015 ?

Le 30 juin 1988, après avoir longuement prié, Mgr Marcel Lefebvre a sacré quatre évêques pour que la Sainte Église puisse continuer sa mission. Cette cérémonie a suscité la tempête déjà prévue. Rome fulmina une excommunication (invalide parce que l’acte de Mgr Lefebvre était licite et nécessaire du à la situation dans laquelle se trouve l’Église) et les journaux donnèrent la nouvelle avec grand fracas. Cependant ce ne fut pas seulement Rome qui réprouva ces sacres. Au sein de la Tradition quelques uns s’y sont opposés aussi : dom Gérard Calvet, prieur du monastère de Sainte Madeleine du Barroux, en France, Jean Madiran, directeur de la revue Itinéraires, l’abbé Bisig, et quelques autres. Dom Gérard disait qu’il était nécessaire de rester dans la périmètre visible de l’Église. Pour cela, il régularisa sa situation canonique avec Rome abandonnant Mgr Lefebvre et Mgr Antônio de Castro Mayer, entraînant avec lui les bénédictines du monastère de l’Annonciation en France. Il tenta entraîner aussi la fondation brésilienne de Santa Cruz dans son opposition aux sacres de 88. Et quelle était son argumentation ? Elle était subtile et risquait d’ébranler les religieux de Santa Cruz. « Vous devez m’obéir, disait-il, car cette décision ne concerne pas la foi. Il s’agit d’une question prudentielle. Vous devez obéir à cause de vos vœux. » Les paroles ne sont pas textuelles, mais l’argumentation fut bien celle-ci. Dom Gérard avait déjà déclaré : « Rome nous donne tout et ne nous demande rien. Comment pourrions-nous refuser ? » Il essayait ainsi tous les moyens pour convaincre les moines, les fidèles et les prêtres amis : lui désobéir serait un péché grave, un péché contre nos vœux. Que répondre devant un tel argument ? « Notre foi est exposée à des grands risques avec ces accords avec Rome. Nous ne pouvons les accepter. » « Vous devez retourner en France, m’a dit dom Gérard, au monastère il y a cinquante moines pour protéger votre foi. » Même si dom Gérard disait que notre foi ne courrait aucun risque, même si dom Gérard disait que sa décision était uniquement prudentielle, la vérité était toute autre. Bien que cette décision était prudentielle, elle avait des graves conséquences pour la foi. Se soumettant à des autorités qui ne professaient pas l’intégrité de la foi catholique, dom Gérard mettait nos monastères dans une situation dont le temps montra la nocivité : nouvelle messe dite par des moines, Liberté Religieuse défendue par le Père Basile, départ de plusieurs moines et nouvelle orientation de tout le monastère du Barroux. Et actuellement ? Que penser de la situation ? Une nouvelle opération survie s’impose-t-elle ? Comme tout le monde sait, Menzingen s’acharne à refaire à sa façon ce que dom Gérard fit avec ses monastères. Grâce à Dieu Santa Cruz refusa de suivre dom Gérard en 1988. Grâce à Dieu Santa Cruz refuse aussi de suivre Mgr Fellay aujourd’hui. Mais que désire Mgr Fellay ? Est-il juste de le comparer à dom Gérard ? Mgr Fellay désire une approximation graduelle avec Rome. Au contraire de dom Gérard, la Fraternité avance en direction de Rome d’une façon beaucoup plus lente, mais l’esprit qui préside à ces deux démarches est le même. Monsieur l’abbé Pflüger dit que si la situation à Rome est anormale, la nôtre, celle de la Tradition, l’est aussi. Une régularisation canonique s’avère donc nécessaire. Elle fut presque conclue en 2012, mais la Providence l’a empêchée. Une lettre des trois évêques : Mgr Williamson, Mgr Tissier de Mallerais et Mgr de Galarreta dirigée à Mgr Fellay et à ses deux assistants a certainement fait réfléchir Rome et il est bien probable que Rome elle-même ait considéré que le moment n’était pas encore arrivé. Mais pour Mgr Fellay le chemin à suivre paraît clair : si Rome donne tout et ne demande rien, comment refuser une régularisation ? C’est ignorer les conséquences de se mettre sous l’autorité des modernistes qui occupent Rome aujourd’hui. C’est refaire l’erreur de dom Gérard, l’erreur de Campos et de tant d’autres. Même avant des possibles accords, les faits se succèdent, montrant bien un changement à la direction de la Fraternité : expulsion de Mgr Williamson, retardement des ordinations des diacres et prêtres capucins et dominicains en France, menace de reporter à un temps indéterminé les ordinations des candidats de Bellaigue, expulsion de plusieurs prêtres de la Fraternité, décisions du Chapitre Général de la Fraternité en 2012  modifiant les décisions de celui de 2006, déclarations de plus en plus audacieuses et libérales de la part de M. l’abbé Pflüger, déclaration de Mgr Fellay atténuant la gravité du document conciliaire Dignitatis Humanae, déclaration doctrinale de Mgr Fellay du 15 avril 2012 critiquée avec raison par le propre directeur du séminaire d’Ecône, action corrosive du GREC qui réunissait prêtres de la Fraternité et prêtres progressistes pour trouver ensemble une « nécessaire réconciliation » ; éloignement des communautés amies comme celle des religieux du R. Père Jahir Britto, des dominicains d’Avrillé, des bénédictins de Santa Cruz, des carmélites d’Allemagne, expulsion ou éloignement de religieuses de leur communauté, sans parler du drame de conscience d’innombrables âmes qui soufrent en silence. Le pire n’est pas d’assister à ces nouvelles divisions. Le pire réside dans le fait de voir les supérieurs de la Fraternité Saint Pie X menacer l’œuvre de Mgr Lefebvre d’une ruine totale. Voici le fruit amer, préparé au cours de longues années, puisqu’en effet le GREC fut fondé dans les années 90 et on peut penser qu’il reflétait depuis longtemps la pensée et le désir de Mgr Fellay. Devant de tels faits une décision s’impose. Il faut renouveler l’opération survie de 1988. Il faut, en 2015, sacrer un ou plusieurs évêques, car la Sainte Eglise a besoin d’évêques et de prêtres qui ne soient pas libéraux et qui ne soient pas tentés de se mettre sous la direction des libéraux et des modernistes. Il faut avoir toujours devant les yeux ces graves paroles de Mgr Lefebvre écrites dans le dernier livre qu’il a laissé à ses fils : « C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Eglise conciliaire, tant qu’elle ne trouvera pas la tradition du Magistère de l’Eglise et de la foi catholique. » (Mgr. Marcel Lefebvre, Itinéraire Spirituel, p. 29) C’est sera donc, séparés des néo-modernistes et des libéraux, que nous continuerons l’œuvre de Mgr Lefebvre donnant tout notre appui au sacre conféré par Mgr Williamson à M. l’abbé Jean-Michel Faure.

*  *  *

Ainsi se terminait cet article que nous avons estimé bon reproduire ici pour laisser bien clair les raisons de tout notre appui donné à Mgr Williamson et à Mgr Faure, appui accompagné de nos plus vifs remerciements pour nous avoir donné les moyens de continuer ce que Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer firent, et ainsi travailler au salut de nos âmes et à celui d’une grand nombre. Nous ne voulons pas laisser entendre toutefois que tous les membres de la Fraternité Saint Pie X soient libéraux. Pas du tout. Là on trouve d’excellents prêtres, mais, comme dit Camões : « Un roi faible rend faible un peuple fort ». C’est pour éviter ce désastre, que beaucoup commencent à se regrouper autour de Mgr Williamson et de Mgr Faure. Que Dieu leur donne sagesse et force pour continuer ce combat qui n’est pas le nôtre mais celui de Notre Dame et de toute l’Eglise. Combat annoncé depuis toujours entre la Femme et le démon. Ipsa conteret.

Père Prieur

CHRONIQUE

19 mars – Fête de saint Joseph Sacre de Mgr Faure pour la grande joie de tous ceux qui étaient présents à cette belle cérémonie. Dix pays y étaient représentés, montrant ainsi qu’il ne s’agissait pas d’une préoccupation locale, mais de la compréhension de la part de prêtres et fidèles de diverses parties du monde de la nécessité  d’avoir des évêques et des prêtres entièrement catholiques pour que la Sainte Eglise continue à prêcher la foi intégrale et non une foi diminuée par le libéralisme et le modernisme. L’abbé Pivert et le Père Emmanuel-Marie O.P., de France ; les abbés Pfeiffer et Hewko, des États-Unis ; l’abbé Trincado, venant du Mexique, bien qu’il soit chilien, dom Rafael OSB, venant de Colombie, bien que mexicain, sans parler des prêtres résidents au Brésil : les abbés Cardozo (argentin), Masi (brésilien) et le Père Joaquim FBMV ont rehaussé, par leur présence, cette cérémonie. L’abbé Pivert fut le parrain de Mgr. Faure.

28 mars Ordination de notre frère André. Ses deux sœurs et son frère Raoûl étaient présents. Mgr Faure a présidé à la cérémonie. Le P. Joaquim FBMV a été le parrain d’ordination de notre frère.

29 mars – Dimanche des Rameaux Bénédiction des rameaux, prédication et première messe de dom André, l’abbé Trincado étant le prêtre assistant. Mgr Williamson confirme plus de vingt personnes dans l’après-midi.

1er avril Conférence de Mgr Williamson au sujet de la musique.

2 avril – Jeudi-Saint Messe du Saint Chrême célébrée par Mgr Faure. La cérémonie, même si elle fut discrète, a laissé dans les âmes un céleste parfum. Dans l’après-midi, messe célébrée par dom André.

3 avril Départ de Mgr Williamson et de Mgr Faure qui vont visiter le monastère du valeureux combattant qui est le R. P. Jahir Britto FBMV, fondateur de sa congrégation.

NOTE DU CELLERIER

A tous ceux qui désirent nous aider à maintenir notre école ainsi que notre maison d’études nous exprimons, dès maintenant, nos plus vifs remerciements. Nous prétendons, dans notre maison d’études, offrir une formation centrée sur le latin, la grammaire, l’histoire, la littérature, la musique et le catéchisme pour les jeunes gens qui se préparent à choisir leur état de vie. Tout cela dans une ambiance bénédictine sous le patronage de Saint Anselme. Il s’agit d’un effort pour compenser le manque de formation des écoles d’aujourd’hui, sans d’autre but immédiat que cette formation qui peut être dirigée vers le sacerdoce ou vers la vie civile.

Pour nous aider vous pouvez envoyer vos dons à : Institut Culturel Saint Benoît (ICSB) BP 60232 78002 Versailles Cedex (Cet Institut peut vous délivrer des reçus fiscaux déductibles des impôts.)

Fr. Cellérier

Important :

Les personnes qui désirent nous aider en déposant sur le compte de l’Institut Culturel Saint Benoît doivent signaler que c’est pour le Monastère de la Sainte Croix.

Pour nous aider, vous pouvez aussi adresser vos chèques ou virements à notre compte BNP en France.

Virements bancaires :

FRANCE

Soc. C. Mant. do Mosteiro da S. Cruz BNP PARIBAS PARIS ARC DE TRIOMPHE

Code Banque  Code Agence     N° de compte    Clé RIB 30004              02933            00010061014         60

IBAN : FR76 3000 4029 3300 0100 6101 460

BIC : BNPAFRPPPCE

80 av. Marceau 75008 Paris – France

Notre adresse pour toute correspondance:

Mosteiro da Santa Cruz Caixa postal 96582 28610-974 Nova Friburgo – RJ BRESIL

Nous avons maintenant un compte Paypal: www.beneditinos.org.br

#Bulletins

Posts recentes

Ver tudo

Comentários Eleison nº 726

Por Dom Williamson Número DCCXXVI (726) – 12 de junho de 2021 VERDADE E AUTORIDADE – I “Obedecer” ao Concílio enceguece parcialmente a pessoa, Pois ela tem de deixar a Verdade parcialmente para trás.